Transparent Postcards

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lundi 5 novembre 2012

Suicide of a nation (Joy de Vivre)

Décédé tout dernièrement, le roi du Cambodge était cinéaste à ses heures.
Quelques mois avant de se faire renverser par des militaires khmers, rouges de colère contre les privilèges de la noblesse, il sortait en grande pompe une comédie de moeurs contenant, entre sa 25ème et sa 29ème minute, un manifeste de décadanse, au son d"un suicide prématuré.....ça vaut la mise en mémoire tampon.




mardi 23 octobre 2012

Ère du taon (Pachanga Boys)

On pense être seul avec son désir, mais on ne fait qu'être traversé par une vague beaucoup plus grande, qui épouse en nous les contours de nos expériences.
On skie un jour et on se jette d'un avion le lendemain, et on prend son pied.
On croit posséder ensuite un rêve fou, si fou qu'on a du mal à en faire un dess(e)in, jusqu'à ce qu'on apprenne l'invention toute récente du ski en parapente.

J'avais ma petite collection d'envies musicales, je savais bien que mes pièces n'étaient pas uniques, mais tout de même Madame, quels beaux agencements.
Et voilà que je tombe dans un puits fraîchement construit, dont les parois ruissellent de nappes extatiques et d'arpégiateurs détraqués, de basses moites et de boîtes à rythmes réverbérées, d'échos scintillants et de langues inventées, à la lisière du poum-tchack et du kraut-machin.

Pachanga!









samedi 25 août 2012

86-89 (A.R. Kane)

La musique d'A.R. Kane est faite de la même substance que les rêves. Pas étonnant qu'on leur attribue l'invention du mot "dream pop".
Et comme dans les rêves, leurs chansons prennent des formes différentes à chaque fois, et il suffit parfois d'un accord pour que tout se métamorphose.


Puisque je suis en vacances ce soir, donc forcément de bonne humeur, je veux bien vous prendre par la main et vous aider à esquisser une cartographie des lieux (pour la chronologie, il suffit de se référer au titre de ce billet) en jouant à imiter les marelles ridicules de JD Beauvallet.
On passe la porte, donc, et voilà que dans Green Hazed Daze des effluves de Royal Trux viennent nous chatouiller les narines. Miles apart c'est du jus concentré de Flaming Lips, Spook sort tout droit de l'armoire à pharmacie des Pastels, Baby Milk Snatcher c'est Grizzly Bear qui sort du bois la nuit, Supervixens pourrait être la seule raison du passage éphémère des Butterflies of Love sur cette planète, Honeysuckleswallow fait un voyage dans la chambre de Syd Barrett, So Far Away se passe sous la couette de Felt, When You Are Sad descend à la cave avec Jesus and Mary Chain.
Bien sûr la production porte toutes les stygmates de la fin des années 80, et alors?

























mercredi 6 juin 2012

trou-peau (Animal Collective)

Je venais de me prendre, en plein vol et en pleine figure, une claque sonore et réverbérante, grosse comme un ptérodactyle perdu au milieu des couloirs aériens, fonçant droit sur mon cortex pour y imprimer de son sceau, lot de percussions, les lettres MGMT.
Je me retrouvais désormais dans un labyrinthe, entrouvrant de partout vers l'infini, comme dirait l'autre.
Que pouvais-je faire, sinon imiter l'immense Thésée et le Petit Poucet?
C'est ainsi que, revenant sur mes pas, j'aperçus bientôt les reflets évanescents d'un troupeau d'esprits animaux.
Qu'il était doux de venir à nouveau se reposer, un court instant, à l'ombre des bêtes majestueuses!
Le temps et l'espace abolis, il m'était désormais impossible de distinguer, entre leurs sillons, le futur du passé.
Je trouvai ainsi, de toute part, des promesses de présents et récompenses, et j'avais du choix pour les cueillir: je pouvais tout autant scruter les traces dessinées par leurs projections encore fraîches que m'abreuver aux sources exquises et fermentées de leurs voeux les plus anciens, puits sans fond mêlant dans des eaux multicolores les échos d'Abba et Lee Perry.








dimanche 20 mai 2012

Karma Chameleon (Dave Brock)

Afin de préserver dans nos mémoires la glorieuse épopée des musiques electrobeatniques, créés à l'époque où les hippies, pour fuir les persécutions, trouvaient refuge dans les machines, aujourd'hui rien de moins que le chef de la tribu Hawkwind, commettant en solo, en l'année orwellienne 1984, un disque qui ravira les amateurs de sensations fortes, de Kraftwerk, de drogues dures, de moto-cross, de femmes mûres, de Suicide, de lancer de couteaux, de Carpenter, de chevaux de course, de miroirs déformants, de Primal Scream, de voyages temporels et de dessins animés religieux.








 
 
 

vendredi 27 avril 2012

Scènes de manager‏ (MGMT)

De plus en plus souvent, apparemment, je me retrouve à écrire sur des musiques que j'avais longtemps ignorées ou dépréciées, et dont la beauté me saisit d'une manière d'autant plus intense qu'elle est soudaine et inattendue.
Ma (re)découverte de MGMT est une douche émotionnelle dont j'ai bien de mal à (et aucune envie de) me remettre.
Et tant mieux si, au lieu de m'asperger de laque élitiste en exhumant des noms inconnus, j'arrive après une bataille déjà combattue et gagnée par (presque) tout le monde.

 



C'est arrivé dans un avion, territoire tremblant et mouvant en dehors de tous les territoires, territoire d'acier courant contre le soleil, plus vite que les étoiles et moins vite que l'aube, transportant êtres et objets entre les portails dilatés du jour et de la nuit, par dessus les océans et les océans de nuages.

C'est arrivé dans un avion, et c'est l'avion lui-même qui me l'a apporté, à travers ses veines électriques et mes conduits auriculaires.

Dans l'aube sans fin, exténué et insomniaque, las de la nourriture sonore prodiguée par mon téléphone, je branche mes oreilles dans le petit trou de l'accoudoir, et vlan, plus rien ne sera jamais comme avant.

Dans l'aube immobile, les territoires tremblants et mouvants des Siberian Breaks se dilatent et se recomposent à l'infini, sous mes yeux endormis et mes oreilles ébahies.

Vite, le programme! C'était quoi ce disque? Ah, c'était pas un disque, juste une chanson.


mardi 10 avril 2012

Givre rose (Flying Nun, The Chills)

Si on tape "Roger Shepherd" sur le google on trouve un plasticien, un ingé-son écossais qui tient un studio à Toulouse, puis, en fouillant bien, un taré qui récemment a racheté son label à Warner pour plus cher qu'il ne leur avait vendu initialement.
Le label s'appelle la nonne volante, normal qu'elle vole, il y a du vent là d'où elle vient, beaucoup de vent à Dunedin, Nouvelle Zélande.
Il fut un temps où là-bas les jeunes, pour s'amuser, prenaient place à bord de la nonne et s'envolaient en musique.
Les places n'étaient pas numérotées car c'était pas le genre de la nonne, de toute facon la promiscuité n'était pas un souci, pour se faire une idée y a qu'à lire les noms de tous les gens qui ont joué dans the Chills (spécial dédicace à Justin Harwood, co-fondateur de Luna).
Pas de tabous non plus sur la question du genre, ça pouvait osciller sans entrave et sans contrainte, jusqu'à devenir un genre à soi tout seul, y a qu'à écouter ci-dessous pour s'en convaincre.
Et pour bien comprendre la position de la nonne sur la question des jeux avec ses perceptions, y à qu'à voir le givre rose qui collait aux yeux des voltigeurs, longtemps encore après leur atterrissage.

lundi 12 mars 2012

Don't skip it‏ (Skip Spence)




Ça devait faire presque vingt ans que ce disque appuyait sur l'interphone de ma cervelle, demandant juste un peu d'attention.
Vingt ans que je m'efforçais de feindre l'indifférence.
Je pensais avoir déjà suffisamment communié sur l'autel de la psy(chiatric) folk, et je n'arrivais pas à chasser l'impression qu'on essayait de me refiler un succédané west coast de Syd Barrett en moins glamour, Moby Grape ne me procurant quand même pas les mêmes secousses que le Pink Floyd de Interstellar Overdrive.

J'avais tout faux évidemment.

Déjà Moby Grape était de loin le plus inventif parmi les hérauts saint-franciscains de l'été de l'amour, la sauce était certes bien acide, mais infusée de nombreuses racines, et Mr Spence savait y mijoter des vrais morceaux de tripes, la preuve dans les deux vidéos ci-dessous:






Et puis, surtout, OAR est un animal sauvage et solitaire, habitué au vide et à la poussière du désert, alors pas facile de l'apprivoiser en quelques écoutes.
Faut dire qu'il m'avait peut être manqué jusqu'ici l'ingrédient cannabinoïde, car il s'agit tout de même d'un de ces disques où la fumette rend soudain fertiles et intelligibles les paysages les plus arides et abscons, mais où, à la différence de tant d'autres, une fois qu'on a compris plus besoin d'adjuvants pour réécouter.

N'empêche que ça aide quand même pas à arrêter les pétards.






mercredi 7 mars 2012

Meilleur ouvrier de France‏ (Pan European Recording)


Un obélisque pareil au pays d'asterix, on en aurait eu la gaule il y a dix ou quinze ans.
Et pourtant, chacune de ses entrées (de catalogue) - sorties (sur le marché) a beau submerger l'hippocampe d'immenses vagues de plaisir, sa circonférence sur le plan médiatique fait songer davantage aux inondations du poitou qu'aux tsunamis asiatiques.
C'est toujours marrant de voir les journaleux mainstream s'emplir d'extase à la moindre imitation de cri primal, tout en taisant la sève exquise distillée par ce label au psychédélisme pur-jus. Encore eut-il fallu qu'ils le sussent.

mardi 6 mars 2012

baise menthe‏ (Bob Dylan)

J'avoue être passé, jusqu'à la semaine dernière, complètement à coté des bandes-cave.
Pourtant, l'argument avait du chien. En '67, prétextant quelques égratignures récoltées sur un virage trop serré, Dylan négocie sa sortie du rock'n'roll circus; il part se cacher à la cave et y enregistre une musique qu'il refuse de vendre.
L'accès à l'intégrale certifiée 100% d'origine bobine n'étant, même au pays des bites torrent, pas si évident que ça, et les écrans encourageant la paresse, j'ai traîné une oreille distraite sur les sons provenant de l'édition officielle de '75, dont la réputation calamiteuse, ajoutée à mon manque d'enthousiasme pour les ambiances de taverne, eurent tôt le dessus sur ma soif de connaissance.
Et puis, un beau jour de fin février 2012, j'ai la riche idée de télécharger à la fois l'intégrale certifiée et l'édition calamiteuse, et évidemment je suis foudroyé par huit chansons, paf, paf, paf, huit fois, et évidemment ces chansons m'obsèdent de plus en plus, et évidemment les versions que je préfère sont....sur l'édition calamiteuse de '75, au milieu des bandes dylanless (qui sont comme autant de bouts de soupe dans les cheveux), huit pierres obscures et éclatantes, avec juste ce qu'il faut de post-prod' pour faire sortir un peu plus la lumière sans altérer les senteurs de mousse, de champignon et de palette en bois.
Huit chansons, à la fois proches entre elles et partant dans plein de directions. All directions home.
Je sais, elle était facile celle-là, mais impossible à éviter.

mercredi 22 février 2012

Oser l'épolapoil‏ (Lindsey Buckingham)

Je connais pas le statistiques des ventes et je m'en fous. Tout ce que je sais c'est que, alors que pour mes potes amerloques aimer des disques comme Rumours ou Tusk paraît aussi évident qu'aimer les Beatles, je connais pas un seul français capable de fredonner ne serait-ce qu'un début de chanson de Fleetwood Mac.
Alors le 1er album solo de Lindsey Buckingham, déjà relativement confidentiel chez les angles et saxons (faut dire que la pochette aidait pas), ici c'est un peu la tombe du soldat inconnu.

Il serait temps de déterrer le cercueil.

samedi 14 janvier 2012

Minestrone fluo (Hawkwind)

Fin 76 ou début 77 Hawkwind décident de remplacer pour un soir leurs bracelets en cuir de dinosaure par ceux en plastique fluo qu'on vient de leur distribuer, lors de ce qui se présente comme le banal 472ème festival de leur tournée.
Après le concert, trop pressés de festoyer, ils négligent d'ôter lesdits bracelets fluo et se jettent sans retenue dans le minestrone amphétamino-lysergique leur faisant quotidiennement office de souper.
Ils s'aperçoivent immédiatement qu'il se passe quelque chose d'inhabituel, mais il est déjà trop tard: ils sont entrés dans la spirale du tube, d'où ils ne sortiront que deux ans plus tard, incapables pendant tout ce temps d'arracher ces foutus bracelets.
Le retour à l'irréalité se fera après la publication de PXR5, album particulièrement bourré de tubes, et dont l'histoire rockambolesque donnerait presque envie de faire un don à Wikipedia: le groupe fait du post-daté, le chanteur fait du hp, la pochette fait des courts-circuits et la censure pète les plombs.

(From http://en.wikipedia.org/wiki/PXR5:
After the album was recorded and mixed, the band fell apart during a US tour in March when Simon House left to join the David Bowie band and Robert Calvert suffered a bout of clinical depression. With the band in temporary hiatus and no pending promotional tour, the album's release was shelved.
The band re-emerged in mid-1978 as the Hawklords to record the 25 Years On album.... The PXR5 album was eventually released on 15 June 1979, and the cryptic message on the cover "This is the last but one" refers to the fact it was recorded prior to the previous release.
The original cover had artwork of an incorrectly wired UK electric plug which caused controversy on safety grounds, so subsequent copies were released with a supposedly unremovable sticker covering the offending artwork. Subsequent prints had the artwork blanked out.)











vendredi 6 janvier 2012

old news from the lips (Flaming Lips)

On va me dire qu'on connaissait bien sûr, ben pas moi, je viens juste.de découvrir qu'un peu avant le génial Embryonic il y avait eu cette reprise de Madonna: