Transparent Postcards

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lundi 12 mars 2012

Don't skip it‏ (Skip Spence)




Ça devait faire presque vingt ans que ce disque appuyait sur l'interphone de ma cervelle, demandant juste un peu d'attention.
Vingt ans que je m'efforçais de feindre l'indifférence.
Je pensais avoir déjà suffisamment communié sur l'autel de la psy(chiatric) folk, et je n'arrivais pas à chasser l'impression qu'on essayait de me refiler un succédané west coast de Syd Barrett en moins glamour, Moby Grape ne me procurant quand même pas les mêmes secousses que le Pink Floyd de Interstellar Overdrive.

J'avais tout faux évidemment.

Déjà Moby Grape était de loin le plus inventif parmi les hérauts saint-franciscains de l'été de l'amour, la sauce était certes bien acide, mais infusée de nombreuses racines, et Mr Spence savait y mijoter des vrais morceaux de tripes, la preuve dans les deux vidéos ci-dessous:






Et puis, surtout, OAR est un animal sauvage et solitaire, habitué au vide et à la poussière du désert, alors pas facile de l'apprivoiser en quelques écoutes.
Faut dire qu'il m'avait peut être manqué jusqu'ici l'ingrédient cannabinoïde, car il s'agit tout de même d'un de ces disques où la fumette rend soudain fertiles et intelligibles les paysages les plus arides et abscons, mais où, à la différence de tant d'autres, une fois qu'on a compris plus besoin d'adjuvants pour réécouter.

N'empêche que ça aide quand même pas à arrêter les pétards.






mercredi 7 mars 2012

Meilleur ouvrier de France‏ (Pan European Recording)


Un obélisque pareil au pays d'asterix, on en aurait eu la gaule il y a dix ou quinze ans.
Et pourtant, chacune de ses entrées (de catalogue) - sorties (sur le marché) a beau submerger l'hippocampe d'immenses vagues de plaisir, sa circonférence sur le plan médiatique fait songer davantage aux inondations du poitou qu'aux tsunamis asiatiques.
C'est toujours marrant de voir les journaleux mainstream s'emplir d'extase à la moindre imitation de cri primal, tout en taisant la sève exquise distillée par ce label au psychédélisme pur-jus. Encore eut-il fallu qu'ils le sussent.

mardi 6 mars 2012

baise menthe‏ (Bob Dylan)

J'avoue être passé, jusqu'à la semaine dernière, complètement à coté des bandes-cave.
Pourtant, l'argument avait du chien. En '67, prétextant quelques égratignures récoltées sur un virage trop serré, Dylan négocie sa sortie du rock'n'roll circus; il part se cacher à la cave et y enregistre une musique qu'il refuse de vendre.
L'accès à l'intégrale certifiée 100% d'origine bobine n'étant, même au pays des bites torrent, pas si évident que ça, et les écrans encourageant la paresse, j'ai traîné une oreille distraite sur les sons provenant de l'édition officielle de '75, dont la réputation calamiteuse, ajoutée à mon manque d'enthousiasme pour les ambiances de taverne, eurent tôt le dessus sur ma soif de connaissance.
Et puis, un beau jour de fin février 2012, j'ai la riche idée de télécharger à la fois l'intégrale certifiée et l'édition calamiteuse, et évidemment je suis foudroyé par huit chansons, paf, paf, paf, huit fois, et évidemment ces chansons m'obsèdent de plus en plus, et évidemment les versions que je préfère sont....sur l'édition calamiteuse de '75, au milieu des bandes dylanless (qui sont comme autant de bouts de soupe dans les cheveux), huit pierres obscures et éclatantes, avec juste ce qu'il faut de post-prod' pour faire sortir un peu plus la lumière sans altérer les senteurs de mousse, de champignon et de palette en bois.
Huit chansons, à la fois proches entre elles et partant dans plein de directions. All directions home.
Je sais, elle était facile celle-là, mais impossible à éviter.