Transparent Postcards

Transparent Postcards

vendredi 27 avril 2012

Scènes de manager‏ (MGMT)

De plus en plus souvent, apparemment, je me retrouve à écrire sur des musiques que j'avais longtemps ignorées ou dépréciées, et dont la beauté me saisit d'une manière d'autant plus intense qu'elle est soudaine et inattendue.
Ma (re)découverte de MGMT est une douche émotionnelle dont j'ai bien de mal à (et aucune envie de) me remettre.
Et tant mieux si, au lieu de m'asperger de laque élitiste en exhumant des noms inconnus, j'arrive après une bataille déjà combattue et gagnée par (presque) tout le monde.

 



C'est arrivé dans un avion, territoire tremblant et mouvant en dehors de tous les territoires, territoire d'acier courant contre le soleil, plus vite que les étoiles et moins vite que l'aube, transportant êtres et objets entre les portails dilatés du jour et de la nuit, par dessus les océans et les océans de nuages.

C'est arrivé dans un avion, et c'est l'avion lui-même qui me l'a apporté, à travers ses veines électriques et mes conduits auriculaires.

Dans l'aube sans fin, exténué et insomniaque, las de la nourriture sonore prodiguée par mon téléphone, je branche mes oreilles dans le petit trou de l'accoudoir, et vlan, plus rien ne sera jamais comme avant.

Dans l'aube immobile, les territoires tremblants et mouvants des Siberian Breaks se dilatent et se recomposent à l'infini, sous mes yeux endormis et mes oreilles ébahies.

Vite, le programme! C'était quoi ce disque? Ah, c'était pas un disque, juste une chanson.


mardi 10 avril 2012

Givre rose (Flying Nun, The Chills)

Si on tape "Roger Shepherd" sur le google on trouve un plasticien, un ingé-son écossais qui tient un studio à Toulouse, puis, en fouillant bien, un taré qui récemment a racheté son label à Warner pour plus cher qu'il ne leur avait vendu initialement.
Le label s'appelle la nonne volante, normal qu'elle vole, il y a du vent là d'où elle vient, beaucoup de vent à Dunedin, Nouvelle Zélande.
Il fut un temps où là-bas les jeunes, pour s'amuser, prenaient place à bord de la nonne et s'envolaient en musique.
Les places n'étaient pas numérotées car c'était pas le genre de la nonne, de toute facon la promiscuité n'était pas un souci, pour se faire une idée y a qu'à lire les noms de tous les gens qui ont joué dans the Chills (spécial dédicace à Justin Harwood, co-fondateur de Luna).
Pas de tabous non plus sur la question du genre, ça pouvait osciller sans entrave et sans contrainte, jusqu'à devenir un genre à soi tout seul, y a qu'à écouter ci-dessous pour s'en convaincre.
Et pour bien comprendre la position de la nonne sur la question des jeux avec ses perceptions, y à qu'à voir le givre rose qui collait aux yeux des voltigeurs, longtemps encore après leur atterrissage.